Ouest France 25/11/2018

 

OF Publié le 25/11/2018

Domaine Rougeyron, cuvée Bousset d'or 2016, côtes-d'auvergne châteaugay. DR (stand 33 et 144)

Notre gamay de haut vol vient des volcans. Eux sont éteints, mais lui reste chaud.

Novembre est le mois où l’on fait sa fête au gamay, dans tous les sens du terme, tant il est douteux que le vin nouveau produit sous le diktat du marketing permette de tirer à date fixe le meilleur parti des nobles sols granitiques du Beaujolais. En revanche, quand on laisse la nature l’amener à son meilleur, le gamay peut faire des merveilles

Bien sûr en chiroubles, juliénas et autre moulin-à-vent. Mais aussi en Auvergne, où la famille Rougeyron produit avec humilité des vins qui le sont tout autant, par leur qualité et leurs tarifs.

À 10 km de Clermont-Ferrand, pas bien loin des sources de Volvic, elle conduit, à 400 m d’altitude dans l’appellation Chateaugay, 20 ha de vignes dans des sols où le basalte d’anciennes laves le dispute à la cendre issue des mêmes volcans, le tout sur une assise calcaire. Les vins qui en proviennent sont des plus fins. À l’occasion, ne pas rater leur très bon chardonnay.

Le plat du jour étant une rougaille (au féminin à l’île Maurice, au masculin à La Réunion), c’est leur gamay rouge qu’on débouche aujourd’hui. Un pari que d’accompagner un plat comprenant piment, gingembre et saucisses fumées. Pari à mise raisonnable : notre vin se vend moins de 6 €. Mais pari gagnant. Ce gamay est l’un des vins les plus étonnamment poivrés qu’on puisse goûter. Ceci avec un fruit préservé ainsi que toute la fraîcheur attendue du cépage, soutenus par une belle structure et une mâche qui tiennent la dragée haute à notre volcanique plat des îles.